Au croisement des poussières – PROJET

S’exiler c’est abandonner sa terre, laisser un terrain vague qui, dans l’imaginaire littéraire et artistique, est le lieu de la peur et de l’anxiété. La poussière est l’incarnation de l’abandon et de l’absence. Car abandonner sa maison, c’est la laisser en proie à la poussière. De même, elle matérialise l’absence par l’empreinte parfaite d’un objet retiré ou les traces de pas qui indiquent la direction du départ.
Elle laisse une mémoire qui se forge avec le temps, loin de l’immédiateté du départ.

En septembre 2015, une poussière jaune a recouvert les immeubles et les rues de Beyrouth. Venant de Syrie et d’Irak, elle rejoignait les réfugiés syriens contraints de fuir un pays en ruine, en recouvrant les camps de misère dans lesquels ils vivaient. Leur propre poussière les rattrapait, provoquant des dégâts, des problèmes respiratoires et de santé. Parallèlement, certaines poussières – et notamment celles du Sahara – viennent fertiliser les terres, parcourant parfois près de 5000 km pour traverser les frontières et venir enrichir les terres amazoniennes et d’Europe du Nord.

Je souhaite passer dans des lieux qui brassent et cristallisent la poussière, afin de la récolter, de l’archiver ou de la remettre en mouvement. J’aimerais connaître les histoires que contiennent ces poussières qui viennent fertiliser la France.

« Migrer ce n’est pas vivre dans sa propre poussière et c’est avoir la conscience de la poussière des autres
et de la poussière du temps. »
David Campagny

 

Résidences artistiques
• 18 janvier – 25 février 2019 : Les Ateliers Sauvages, fondés et dirigés par Wassyla Tamzali, Alger, Algérie.
Avec le soutien de l’Institut Français d’Alger.
• Avril 2018 à Juillet 2018 : Octroi, association Mode d’Emploi, Tours, France.